जपमालाjapa-mālā · guirlande de la répétition
Le mala de 108 perles et le nombre 108
3 min de lecture · Mis à jour le 16 octobre 2026 · sources vérifiées le 16 octobre 2026
En bref
Un mala est un chapelet de 108 perles plus une perle plus grosse, le meru, qui sert à compter les répétitions d'un mantra. Mālā veut dire guirlande, japa répétition. On fait glisser les perles une à une avec le pouce ; un tour vaut 108 répétitions. Aucun texte unique n'explique le nombre 108 : la tradition en donne plusieurs lectures.
Dans les ruelles de Rishikesh ou de Haridwar, les malas sont partout : graines brunes de rudrākṣa, bois clair de tulasī, santal, cristal. Un mala n'est pas d'abord un bijou. C'est un outil simple et ancien, au service de l'une des plus vieilles pratiques de l'Inde : compter les répétitions d'un nom sacré.
Ce qu'est un mala
माला (mālā) signifie guirlande. Un japa-mālā est une guirlande pour le japa, la répétition d'un mantra. Le mala hindou habituel comporte :
- 108 perles pour compter ;
- une perle plus grosse, le meru ou sumeru (« la montagne »), aussi appelée perle du guru, qui marque le début et la fin d'un tour et ne se compte pas ;
- souvent un pompon sous le meru.
On utilise aussi des malas plus courts de 54 ou 27 perles (la moitié et le quart de 108), notamment au poignet.
Pourquoi 108 ?
Aucun texte ne donne une explication unique, et il est plus honnête de le dire que d'en choisir une. Plusieurs lectures circulent en Inde :
| Lecture | Le calcul |
|---|---|
| Deux nombres sacrés | 12 × 9 = 108 : douze mois et douze signes du zodiaque ; neuf planètes (navagraha) de l'astrologie indienne |
| Les demeures lunaires | 27 nakṣatra de l'astronomie indienne, chacune divisée en 4 quarts (pāda) : 27 × 4 = 108 |
| Les Upanishads | la Muktikā Upaniṣad, texte tardif, donne un canon de 108 Upanishads |
| Les litanies de noms | beaucoup de divinités ont leur aṣṭottara-śata-nāmāvalī, litanie de 108 noms |
Aucune n'est « la » raison. Le nombre était sacré avant que ces explications soient formulées, et chaque tradition le lit à sa façon. Les malas bouddhistes ont aussi souvent 108 perles, expliquées autrement encore.
Quelles perles ?
La matière se choisit par tradition et par dévotion, pas pour un effet promis.
- Rudrākṣa (रुद्राक्ष, « œil de Rudra ») : les graines séchées d'un arbre qui pousse des contreforts de l'Himalaya jusqu'en Asie du Sud-Est, associées à Śiva. Le Śiva Purāṇa loue ceux qui portent le rudrākṣa et répètent le mantra aux cinq syllabes (Vidyeśvara Saṃhitā 25, numérotation GRETIL 1.25). La plupart des fidèles de Śiva l'utilisent, souvent avec Om namaḥ śivāya.
- Tulasī (bois de basilic sacré) : associé à Viṣṇu et Kṛṣṇa, utilisé dans les traditions vishnouites.
- Santal, cristal (sphaṭika), graines de lotus : selon les traditions.
Bon à savoir
Les boutiques prêtent souvent aux perles des vertus (« cette pierre soigne… »). Les textes parlent de dévotion et de répétition, pas d'effets minéraux. Choisissez un mala agréable en main et accordé au mantra que vous répétez.
Utiliser un mala, pas à pas
- Asseyez-vous confortablement, le dos droit, comme pour toute méditation.
- Tenez le mala dans la main droite (dans la tradition indienne, la main gauche ne sert pas aux actes sacrés). Posez-le sur le majeur, ou sur l'annulaire selon les traditions.
- Tenez l'index à l'écart. Dans la plupart des enseignements hindous, il ne touche pas les perles.
- Commencez à la perle qui suit le meru. Dites le mantra une fois, puis faites glisser la perle vers vous avec le pouce. Perle suivante, répétition suivante.
- Ne comptez pas et ne franchissez pas le meru. Quand vous l'atteignez après 108 répétitions, retournez le mala dans la main et repartez dans l'autre sens.
- Terminez en silence un moment après le dernier tour.
Les nombres traditionnels sont un tour (108), trois, onze ou plus par jour, à la même heure. La régularité compte plus que la quantité : Patañjali dit que la pratique s'affermit quand elle est tenue longtemps, sans interruption et avec ferveur (Yoga Sutra 1.14).
À voix haute, murmuré ou en silence
Le même mala sert aux trois manières du japa : à voix haute, murmuré, seules les lèvres bougeant, et mental. On commence généralement à voix haute. La méthode complète, avec le sens des mots et les sutras de Patañjali sur Om, est sur la page méditation avec mantra et japa.
Respecter le mala
Certaines traditions gardent le mala de japa dans un sac de tissu (gomukhī), ne le montrent pas, ne le prêtent pas, ne le portent pas et évitent qu'il touche le sol. D'autres portent leur rudrākṣa toute la journée. Si un enseignant vous donne un mala avec un mantra, ses consignes passent en premier.
Mantras souvent répétés sur un mala : Om, la Gāyatrī, le Mahāmṛtyuñjaya, et les autres présentés dans notre guide des mantras sanskrits.
Les questions qu’on se pose
Pourquoi un mala a-t-il 108 perles ?
Il n'y a pas de raison textuelle unique. Explications courantes : 12 × 9 ; les 27 demeures lunaires de l'astronomie indienne, chacune en 4 quarts (27 × 4 = 108) ; le canon de 108 Upanishads de la Muktikā Upaniṣad. Le nombre était sacré avant ces lectures.
Avec quelle main tenir le mala ?
Dans la pratique hindoue, la main droite. Le mala repose sur le majeur ou l'annulaire et le pouce fait avancer les perles ; l'index ne le touche généralement pas.
Peut-on franchir la perle meru ?
La plupart des traditions disent non : au bout d'un tour, on retourne le mala et l'on repart dans l'autre sens, sans compter ni franchir le meru.
Peut-on porter son mala ?
Beaucoup le font, surtout les fidèles de Śiva avec leur rudrākṣa. Certaines lignées gardent le mala de japa dans un sac de tissu, sans le porter ni le montrer. Suivez votre enseignant si vous en avez un.
Sources
- Śivapurāṇa, livre 1 (Vidyeśvara Saṃhitā), chapitres 17 et 25 sur le japa et le rudrākṣa, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026
- Patañjali, Yogasūtra, texte sanskrit (GRETIL, université de Göttingen) vérifiée le 16 octobre 2026
- Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 1.3.28, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026