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Langue : Français

गायत्रीgāyatrī · sāvitrī

Le mantra Gāyatrī, mot à mot

3 min de lecture · Mis à jour le 16 octobre 2026 · sources vérifiées le 16 octobre 2026

En bref

Le mantra Gāyatrī est le vers 3.62.10 du Rig-Véda, attribué au voyant Viśvāmitra et adressé à Savitṛ, le divin Stimulateur : tat savitur vareṇyaṃ bhargo devasya dhīmahi, dhiyo yo naḥ pracodayāt. Notre traduction : puissions-nous recevoir cet excellent éclat du dieu Savitṛ, qui éveillera nos pensées. On le fait précéder de oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ.

Écouter : Om et la Gāyatrī — court extrait

Écoute libre, sans inscription.

Om et la Gāyatrī — court extrait 4:25

Chapitres

Audio guidé lu par une voix de synthèse (ElevenLabs). Récitation sanskrite vérifiée vers par vers. (sanskrit récité par une voix de synthèse indienne)

Lire la transcription

Oṃ, la syllabe. La Māṇḍūkya Upaniṣad la divise en trois sons, A, U et M : la veille, le rêve et le sommeil profond. Et une quatrième partie, le silence qui suit.

Asseyez-vous confortablement. Inspirez par le nez, et chantez un long Om sur l'expiration. Puis restez une respiration dans le silence. Trois fois, à votre rythme.

Inspirez.

Om. [vous chantez]

Restez dans le silence.

Inspirez.

Om. [vous chantez]

Restez dans le silence.

Inspirez.

Om. [vous chantez]

Restez dans le silence.

La Gāyatrī. Un vers du Ṛgveda, trois, soixante-deux, dix, attribué au voyant Viśvāmitra et adressé à Savitṛ, le soleil comme puissance divine qui met tout en mouvement. Une voix indienne va la réciter. Écoutez une fois.

ॐ, भूर् भुवः स्वः। तत् सवितुर् वरेण्यं। भर्गो देवस्य धीमहि। धियो यो नः प्रचोदयात्॥ (oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ / tat savitur vareṇyaṃ / bhargo devasya dhīmahi / dhiyo yo naḥ pracodayāt)

Maintenant vers par vers. Après chaque vers, répétez-le, lentement.

ॐ भूर्भुवः स्वः। (oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ)

तत्सवितुर्वरेण्यं। (tat savitur vareṇyaṃ)

भर्गो देवस्य धीमहि। (bhargo devasya dhīmahi)

धियो यो नः प्रचोदयात्॥ (dhiyo yo naḥ pracodayāt)

Notre traduction : Om. Terre, atmosphère, ciel. Puissions-nous recevoir cet éclat excellent du dieu Savitṛ, lui qui doit inspirer nos pensées.

Certaines familles traditionnelles préfèrent que la Gāyatrī soit reçue d'un maître ; d'autres l'ouvrent à tous. Quelle que soit votre voie, chantez-la assis, attentif, sans hâte. C'était un extrait de Mantras sacrés, sur yogide.com.

Depuis trois mille ans, à l'aube, à midi et au crépuscule, des familles brahmanes récitent au soleil les mêmes vingt-quatre syllabes. La Gāyatrī est le vers le plus connu des Védas, et l'une des plus anciennes prières encore dites chaque jour par des millions de personnes.

Le texte

ॐ भूर्भुवः स्वः । तत्सवितुर्वरेण्यं भर्गो देवस्य धीमहि । धियो यो नः प्रचोदयात् ॥

oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ | tat savitur vareṇyaṃ bhargo devasya dhīmahi | dhiyo yo naḥ pracodayāt ||

Om. Terre, espace intermédiaire, ciel. Puissions-nous recevoir cet excellent éclat du dieu Savitṛ, qui éveillera nos pensées.

Ṛgveda 3.62.10, avec les vyāhṛti · notre traduction

Mot à mot

MotSens
oṃla syllabe sacrée, Om
bhūḥla terre
bhuvaḥl'espace intermédiaire, l'atmosphère
svaḥle ciel, le monde céleste
tatcela
savituḥde Savitṛ, « le Stimulateur », le soleil comme puissance qui met tout en mouvement
vareṇyamexcellent, digne d'être choisi
bhargaḥ (bhargo)l'éclat, la splendeur
devasyadu dieu
dhīmahipuissions-nous recevoir, puissions-nous méditer : la forme se lit des deux façons
dhiyaḥ (dhiyo)les pensées, les intuitions, les visions (pluriel)
yaḥ (yo)qui
naḥnos
pracodayātqu'il stimule, qu'il inspire

La Gāyatrī ne demande ni richesse ni santé. Elle demande que la lumière divine éveille notre dhī, notre faculté de penser et de voir : une prière pour la clarté.

D'où vient le vers

C'est le dixième vers de l'hymne 62 du troisième livre du Rig-Véda, livre traditionnellement attribué au voyant Viśvāmitra et à sa famille. Dans l'édition de Theodor Aufrecht publiée par GRETIL, il se lit tat savitur vareṇyam bhargo devasya dhīmahi | dhiyo yo naḥ pracodayāt, exactement comme on le chante aujourd'hui, au sandhi près.

Dans les textes

La traduction anglaise de Ralph T. H. Griffith, dans le domaine public (The Hymns of the Rigveda, 2e édition, 1896), dit : « May we attain that excellent glory of Savitar the God: So may he stimulate our prayers. »

L'ouverture oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ ne fait pas partie du vers du Rig-Véda. Elle réunit Om et les trois « grandes paroles » (mahāvyāhṛti), noms des trois mondes. Le Yajur-Véda blanc (Vājasaneyi Saṃhitā 36.3) donne déjà le vers précédé de bhūr bhuvaḥ svaḥ, et la pratique rituelle y ajoute Om.

Le nom et le mètre

Gāyatrī est d'abord le nom d'un mètre : trois vers de huit syllabes, vingt-quatre en tout. Le vers s'appelle aussi Sāvitrī, d'après Savitṛ, le dieu qu'il invoque. Comptez la première ligne : tat-sa-vi-tur-va-reṇ-yam, sept syllabes seulement. La métrique védique rétablit la huitième en lisant va-re-ṇi-yam, et beaucoup de récitants traditionnels le prononcent encore ainsi.

Les Upanishads méditent ce nom. La Chāndogya Upaniṣad (3.12.1) s'ouvre sur gāyatrī vā idaṃ sarvaṃ bhūtam, « la Gāyatrī est tout ce qui existe », et ajoute que la parole est la Gāyatrī, car la parole « chante et protège » (gāyati ca trāyate ca). La Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad (5.14.4) explique : la Gāyatrī a protégé (tatre) les gaya, et les gaya sont les souffles vitaux ; d'où son nom. Elle ajoute que la Sāvitrī qu'un maître récite à son élève protège les souffles de cet élève.

La tradition : sandhyā et upanayana

Dans la pratique brahmanique orthodoxe, la Gāyatrī est le cœur de la sandhyā-vandana, le rite accompli aux trois jonctions du jour. Elle était transmise au garçon par son père ou son maître lors de l'upanayana, la cérémonie du cordon sacré, et ne s'enseignait pas hors de ce cadre.

À partir du XIXe siècle, des mouvements réformateurs, dont l'Ārya Samāj, puis de nombreux maîtres du XXe siècle l'ont ouverte à tous, femmes et non-brahmanes compris. On la chante aujourd'hui dans les temples, les écoles, les cours de yoga et sur d'innombrables enregistrements. Certaines familles et certains enseignants préfèrent encore qu'elle soit reçue d'un maître. Les deux attitudes existent dans l'Inde d'aujourd'hui ; nous présentons le texte dans le respect des deux.

La prononcer

« Om bhour bhou-va-ha sva-ha / tat sa-vi-tour va-ré-nyam (ou va-ré-ni-yam) / bhar-go dé-vas-ya dhî-ma-hi / dhi-yo yo na-ha pra-tcho-da-yât. »

  • Le c de pracodayāt se dit « tch » ; le āt final est long.
  • dh et bh sont aspirés : la consonne suivie d'un souffle.
  • Le ḥ de bhuvaḥ, svaḥ, naḥ est un léger souffle, à peine audible.
  • Le u se dit toujours « ou ».
  • Les récitants védiques utilisent des accents de hauteur appris à l'oreille : l'enregistrement d'un récitant védique formé est le meilleur modèle.

La chanter

  1. Asseyez-vous face à l'est à l'aube, ou face au soleil à une autre jonction du jour.
  2. Prenez quelques respirations calmes et rappelez-vous le sens : la lumière qui éveille l'intelligence.
  3. Récitez lentement, à voix haute ou murmurée, une Gāyatrī par souffle ou par deux souffles.
  4. Les nombres traditionnels sont 10, 28 ou 108 ; un mala de 108 perles aide à compter.
  5. Terminez par une minute de silence.

Si vous ne l'avez pas reçue d'un enseignant et souhaitez la chanter, faites-le avec le même respect : assis, attentif, sans hâte. La page méditation avec mantra et japa donne la méthode complète, et la présentation des mantras sanskrits situe la Gāyatrī parmi les autres grands mantras, dont le Mahāmṛtyuñjaya, son compagnon védique.

Bon à savoir

Il existe beaucoup de « Gāyatrī » plus tardives adressées à d'autres divinités (Gaṇeśa, Śiva, Viṣṇu…), bâties sur le même mètre. Ce sont des compositions dévotionnelles ; la Gāyatrī du Rig-Véda est celle de cette page.

Les questions qu’on se pose

Que veut dire le Gayatri mantra en termes simples ?

C'est une prière pour la clarté de l'intelligence : on médite l'éclat du soleil divin, Savitṛ, pour qu'il éveille et oriente notre pensée.

Pourquoi s'appelle-t-il Gāyatrī ?

Gāyatrī est le nom de son mètre : trois vers de huit syllabes. Les Upanishads ajoutent un jeu de mots : il protège (trā) les souffles vitaux (gaya), Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 5.14.4.

Une femme ou un non-hindou peut-il chanter la Gāyatrī ?

La tradition orthodoxe la transmettait lors de la cérémonie du cordon sacré. Depuis le XIXe siècle, des mouvements réformateurs et de nombreux maîtres l'ont ouverte à tous ; certaines familles préfèrent encore qu'elle soit reçue d'un enseignant.

Quand chanter la Gāyatrī ?

Traditionnellement aux trois jonctions du jour (sandhyā) : aube, midi et crépuscule, face au soleil, souvent 10, 28 ou 108 fois.

Sources

  1. Ṛgveda-Saṃhitā, éd. Aufrecht (1877), texte sanskrit, vers 3.62.10 (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026
  2. Ralph T. H. Griffith, The Hymns of the Rigveda, vol. 1, 2e édition (Bénarès, 1896), Internet Archive vérifiée le 16 octobre 2026
  3. Vājasaneyi Saṃhitā (Yajur-Véda blanc), chapitre 36, vers 3 avec bhūr bhuvaḥ svaḥ (TITUS, Francfort) vérifiée le 16 octobre 2026
  4. Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 5.14 sur la Gāyatrī, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026
  5. Chāndogya Upaniṣad 3.12 sur la Gāyatrī, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026

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