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Langue : Français

महामृत्युञ्जयmahā-mṛtyuñjaya · grand vainqueur de la mort

Le mantra Mahāmṛtyuñjaya, la grande victoire sur la mort

3 min de lecture · Mis à jour le 16 octobre 2026 · sources vérifiées le 16 octobre 2026

En bref

Le Mahāmṛtyuñjaya est le vers 7.59.12 du Rig-Véda, repris dans le Yajur-Véda : tryambakaṃ yajāmahe sugandhiṃ puṣṭivardhanam, urvārukam iva bandhanān mṛtyor mukṣīya māmṛtāt. Notre traduction : nous adorons le dieu aux trois yeux, parfumé, qui fait prospérer ; comme le concombre de sa tige, puissé-je être délivré de la mort, non de l'immortalité.

De tous les vers védiques, c'est celui qu'on chante au chevet des malades, à l'aube dans les temples de Śiva et en famille dans les moments de peur. Son image vient du potager : un concombre si mûr qu'il se détache seul de la tige.

Le texte

ॐ त्र्यम्बकं यजामहे सुगन्धिं पुष्टिवर्धनम् । उर्वारुकमिव बन्धनान्मृत्योर्मुक्षीय मामृतात् ॥

oṃ tryambakaṃ yajāmahe sugandhiṃ puṣṭi-vardhanam | urvārukam iva bandhanān mṛtyor mukṣīya māmṛtāt ||

Om. Nous adorons le dieu aux trois yeux, le parfumé, qui fait prospérer. Comme le concombre de sa tige, puissé-je être délivré de la mort, non de l'immortalité.

Ṛgveda 7.59.12 · notre traduction

Mot à mot

MotSens
tryambakamcelui qui a trois yeux (Rudra-Śiva) ; le sens ancien est peut-être « aux trois mères »
yajāmahenous adorons, nous offrons à
sugandhimparfumé
puṣṭi-vardhanamqui accroît la nourriture, la croissance, la prospérité
urvārukamun concombre, une courge
ivacomme
bandhanātde son lien, de sa tige
mṛtyoḥde la mort
mukṣīyapuissé-je être délivré
mānon, pas
amṛtātde l'immortalité (mā amṛtāt se fond en māmṛtāt)

Dans les textes

La traduction anglaise de Ralph T. H. Griffith, dans le domaine public (The Hymns of the Rigveda, 1897), dit : « Tryambaka we worship, sweet augmenter of prosperity. As from its stem the cucumber, so may I be released from death, not reft of immortality. » Sa note précise que Tryambaka est un nom de Rudra.

L'image du concombre mûr

Le vers ne demande pas d'échapper à la mort par la force, ni d'être arraché à la vie. Quand une courge est mûre, elle se détache de la tige sans se déchirer. La prière demande cette délivrance-là : être libéré de la mort comme le fruit mûr quitte sa tige, sans être séparé de ce qui ne meurt pas. C'est pourquoi on le récite à la fois pour les malades, comme une prière pour la vie, et pour les mourants, comme une prière pour un passage paisible.

D'où vient le vers

Dans le Rig-Véda. C'est le douzième vers de l'hymne 59 du septième livre, livre traditionnellement attribué au voyant Vasiṣṭha. L'hymne s'adresse surtout aux Maruts, dieux de l'orage, fils de Rudra ; ce dernier vers se tourne vers Rudra lui-même, sous le nom de Tryambaka. Le texte d'Aufrecht publié par GRETIL se lit tryambakaṃ yajāmahe sugandhim puṣṭivardhanam | urvārukam iva bandhanān mṛtyor mukṣīya māmṛtāt.

Dans le Yajur-Véda. Le vers figure dans le Yajur-Véda noir (Taittirīya Saṃhitā 1.8.6) et dans le Yajur-Véda blanc (Vājasaneyi Saṃhitā 3.60), dans des offrandes rituelles à Tryambaka. Le Yajur-Véda blanc ajoute un second distique sur le même modèle, où l'on demande d'être délivré « d'ici, non de là-bas » (ito mukṣīya māmutaḥ).

Le nom. « Mahāmṛtyuñjaya », le grand vainqueur de la mort, est un nom plus tardif, donné par la tradition shivaïte, qui fait de Śiva le vainqueur de la mort. Le vers lui-même dit Tryambaka.

Le prononcer

« Tryam-ba-kam ya-djâ-ma-hé sou-gan-dhim pouch-ti-var-dha-nam / our-vâ-rou-ka-mi-va ban-dha-nân mri-tyor mouk-chî-ya mâ-mri-tât. »

  • tryam ne fait qu'une syllabe : le y suit immédiatement le r. « Tra-yam-ba-kam » est une erreur courante.
  • ṣ de puṣṭi et kṣ de mukṣīya se disent « ch ».
  • ṛ de mṛtyor, amṛtāt est une voyelle brève proche de « ri ».
  • Les voyelles longues (yajāmahe, urvārukam, mukṣīya, māmṛtāt) durent deux fois plus que les brèves.

Quand et comment le chanter

La tradition l'associe à Śiva : on le chante dans les temples, pendant Mahāśivarātri, le lundi, jour de Śiva, et dans les rites pour la santé et la longévité. Les familles le chantent ensemble quand quelqu'un est malade ; on fait parfois appel à des prêtres pour le réciter un très grand nombre de fois.

  1. Asseyez-vous face à l'est ou devant une image de Śiva, le dos droit.
  2. Récitez une fois lentement, en gardant à l'esprit l'image du concombre mûr.
  3. Continuez pour 11 ou 108 répétitions, en comptant sur un mala.
  4. Terminez en silence, ou par oṃ namaḥ śivāya (le mantra aux cinq syllabes).

Le vers est public : il est imprimé, chanté et diffusé partout en Inde. Dans certaines lignées shivaïtes, un enseignant le transmet aussi formellement, avec des consignes. La méthode de répétition est sur la page méditation avec mantra et japa ; l'autre grand mantra védique, la Gāyatrī, a sa page, et la présentation des mantras sanskrits les replace dans leur contexte.

Les questions qu’on se pose

À quoi sert le Mahāmṛtyuñjaya ?

La tradition le chante dans la maladie, le danger et la mort, et dans le culte de Śiva. Il demande d'être délivré de la mort comme un fruit mûr quitte sa tige ; c'est une prière, pas un traitement médical.

Combien de fois le chanter ?

Traditionnellement 108 fois avec un mala, ou par séries de 11. Certains rites prévoient des nombres bien plus grands, accomplis par des prêtres.

Tout le monde peut-il le chanter ?

Il est chanté publiquement, dans les temples et les maisons. Dans certaines lignées shivaïtes, un enseignant le transmet aussi avec des consignes particulières.

Qui est Tryambaka ?

Un nom de Rudra-Śiva. La tradition le lit « aux trois yeux » ; le sens ancien est peut-être « aux trois mères ». Les deux lectures se trouvent chez les commentateurs.

Sources

  1. Ṛgveda-Saṃhitā, éd. Aufrecht (1877), texte sanskrit, vers 7.59.12 (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026
  2. Ralph T. H. Griffith, The Hymns of the Rigveda, vol. 2, 2e édition (Bénarès, 1897), Internet Archive vérifiée le 16 octobre 2026
  3. Taittirīya Saṃhitā (Yajur-Véda noir) 1.8.6, texte sanskrit (TITUS, Francfort) vérifiée le 16 octobre 2026
  4. Vājasaneyi Saṃhitā (Yajur-Véda blanc) 3.60, texte sanskrit (TITUS, Francfort) vérifiée le 16 octobre 2026

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