Matsyāsana, la posture du poisson
3 min de lecture · Mis à jour le 17 octobre 2026 · sources vérifiées le 17 octobre 2026
- Sanskrit
- मत्स्यासनMatsyāsana
- Sens du nom
- Posture du poisson : matsya, poisson (aussi première incarnation de Viṣṇu), et āsana, posture
- Niveau
- Intermédiaire
- Famille
- Extension
- Dans les textes
- Gheranda Samhita 2.21 (Vasu, 1914-1915)
En bref
Matsyāsana, la posture du poisson, est une extension allongée sur le dos : mains sous les fesses et avant-bras en appui, on soulève la poitrine et l'on pose légèrement le sommet de la tête au sol, presque sans poids. Tenez trois à cinq respirations, puis relevez la tête avant de redescendre la poitrine. En cas de problème de nuque, allongez-vous plutôt sur un traversin.
Matsya, c'est le poisson. Dans l'histoire sacrée de l'Inde, c'est aussi la première forme que prend Viṣṇu pour sauver le monde. La posture qui porte son nom est une extension tranquille, allongée au sol, la poitrine soulevée comme la courbe d'un poisson qui bondit. Elle est plus facile qu'elle n'en a l'air, à condition de respecter la nuque.

Étapes
- Allongez-vous sur le dos, jambes tendues et serrées, bras le long du corps.
- Soulevez légèrement le bassin et glissez les mains dessous, paumes au sol, ou sous les cuisses. Rapprochez les coudes du corps.
- En appuyant les avant-bras et les coudes au sol, inspirez et soulevez la poitrine en cambrant le haut du dos.
- Laissez la tête basculer en arrière et le sommet du crâne se poser légèrement au sol. Le poids reste sur les avant-bras, pas sur la tête.
- Gardez les jambes actives et les pieds détendus. Respirez lentement dans la poitrine ouverte, trois à cinq respirations.
- Pour sortir, appuyez sur les avant-bras, relevez d'abord la tête, puis redescendez le dos et la tête au sol.
- Reposez-vous quelques respirations, genoux pliés si le bas du dos le demande.
Alignement
- La cambrure vient du haut du dos et du sternum, pas des lombaires.
- Les coudes restent près du corps, comme les nageoires d'un poisson.
- La gorge reste souple ; si vous ne pouvez pas avaler confortablement, la tête est trop renversée.
Variantes
- Poisson soutenu (version douce) : allongez-vous en arrière sur un traversin ou deux couvertures pliées dans la longueur, sous les omoplates, la tête posée sur une couverture. Bras ouverts sur les côtés. Restez une à cinq minutes.
- Avec une brique sous la tête : comme dans les étapes, mais le sommet du crâne repose sur une brique, pour que la nuque n'ait pas à s'étendre complètement.
- Jambes croisées : la même posture, jambes en tailleur simple.
- Forme classique (avancée) : en lotus, allongez-vous prudemment en vous aidant des coudes et repliez les bras au-dessus de la tête, comme le décrit la Gheraṇḍa Saṃhitā. Ne forcez jamais le lotus.
Contre-indications
- Blessure du cou, arthrose cervicale ou douleur récente de la nuque : uniquement la version soutenue, tête posée.
- Douleur lombaire ou spondylolisthésis : gardez une petite cambrure, ou prenez la version soutenue.
- Hypertension ou hypotension, glaucome, décollement de rétine : évitez de laisser pendre la tête en arrière ; prenez la version soutenue et sortez lentement.
- Migraine ou vertige quand la tête bascule en arrière : ne pratiquez pas la forme cambrée.
- Problèmes de genoux : ne tentez pas la forme en lotus.
- Grossesse : dans les derniers mois, la position allongée sur le dos peut être inconfortable ; demandez à votre sage-femme et préférez une version soutenue, inclinée.
Dans les textes
Le poisson figure parmi les trente-deux postures de la Gheraṇḍa Saṃhitā, mais pas parmi les quinze de la Hatha Yoga Pradipika (dont la posture « du poisson » est la torsion du sage Matsyendra : voyez la torsion).
मुक्तपद्मासनं कृत्वा उत्तानशयनं चरेत् । कूर्पराभ्यां शिरो वेष्ट्य मत्स्यासनं तु रोगहा ॥
mukta-padmāsanaṃ kṛtvā uttāna-śayanaṃ caret | kūrparābhyāṃ śiro veṣṭya matsyāsanaṃ tu rogahā ||
Prenant le lotus libre, que l'on s'allonge sur le dos en entourant la tête des coudes : c'est matsyāsana, qui chasse la maladie.
Vasu (1914-1915) comprend le « lotus libre » comme le lotus sans les bras croisés dans le dos pour tenir les pieds. C'est une posture de repos sur le dos, pas la forme cambrée d'aujourd'hui ; la forme moderne, poitrine soulevée et sommet du crâne au sol, s'est fixée dans les écoles indiennes du XXe siècle. Dans les centres Sivananda, c'est la quatrième des douze postures de base, juste après la charrue.
Matsya, le poisson qui sauva les Védas
Le Bhāgavata Purāṇa raconte l'histoire (8.24). À la fin d'un âge, pendant que Brahmā dort, le démon Hayagrīva lui dérobe les Védas. Viṣṇu prend la forme d'un minuscule poisson, une śapharī, et apparaît dans les mains jointes du roi Satyavrata pendant qu'il fait une offrande d'eau dans la rivière Kṛtamālā (8.24.9-13). Le poisson demande protection, devient trop grand pour tous les récipients, et avertit le roi du déluge qui vient. Quand les eaux montent, un poisson d'or à une seule corne apparaît ; le roi attache son bateau à la corne avec un grand serpent en guise de corde, et le poisson lui enseigne la vérité en portant le bateau à travers l'océan (8.24.44-54). Viṣṇu tue ensuite Hayagrīva et rend les Védas (8.24.57). Une belle image à garder dans la posture : une poitrine soulevée, portée par le sol comme le bateau était porté par le poisson.
Postures voisines
Avant : la chandelle et la charrue, dont le poisson est la contre-posture classique. Doux aussi comme ouverture du cœur après le pont. Après : une flexion avant simple comme la pince assise, puis śavāsana. Toutes les fiches : le chapitre des asanas.
Les questions qu’on se pose
Pourquoi fait-on le poisson après la chandelle ?
La chandelle et la charrue fléchissent fortement la nuque ; le poisson la cambre dans l'autre sens et ouvre la poitrine. C'est pourquoi la série Sivananda le place juste après elles, en contre-posture.
La tête doit-elle porter du poids dans le poisson ?
Non. Les avant-bras et les coudes portent le corps ; le sommet de la tête ne fait qu'effleurer le sol. Si la nuque se sent comprimée, glissez une brique ou une couverture pliée sous la tête, ou prenez la version soutenue sur traversin.
Le poisson figure-t-il dans les textes anciens ?
Oui, sous une autre forme. La Gheranda Samhita (2.21) décrit le fait de s'allonger en arrière depuis le lotus en entourant la tête des bras. La forme moderne cambrée, sommet du crâne au sol, date du XXe siècle.
Sources
- Srisa Chandra Vasu (trad.), The Gheranda Samhita, Sacred Books of the Hindus vol. XV (1914-1915), leçon 2, verset 21, Internet Archive vérifiée le 17 octobre 2026
- Gheraṇḍasaṃhitā, texte sanskrit, chapitre 2 (GRETIL, université de Göttingen) vérifiée le 17 octobre 2026
- Bhāgavata Purāṇa, texte sanskrit, livre 8, chapitre 24 (GRETIL, université de Göttingen) vérifiée le 17 octobre 2026
- The 12 Basic Asanas, International Sivananda Yoga Vedanta Centres (site officiel) vérifiée le 17 octobre 2026
- Monier-Williams, Sanskrit-English Dictionary (1899), entrée matsya, Cologne Digital Sanskrit Dictionaries vérifiée le 17 octobre 2026
Pratiquez en douceur et selon vos limites. Le yoga s’apprend mieux avec un professeur qualifié ; cette page ne le remplace pas.