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Langue : Français

Hanumānāsana, le grand écart, et le saut de Hanumān

4 min de lecture · Mis à jour le 16 octobre 2026 · sources vérifiées le 16 octobre 2026

Sanskrit
हनुमानासनHanumānāsana
Sens du nom
Posture de Hanumān : Hanumān, le héros singe du Rāmāyaṇa, dont le nom signifie « à la mâchoire (brisée) », et āsana, posture
Niveau
Avancé
Famille
Ouverture de hanches et étirement
Dans les textes
Posture moderne ; le saut de Hanumān dans le Rāmāyaṇa (édition critique 4.65, 5.1)

En bref

Hanumānāsana est le grand écart facial : une jambe tendue vers l'avant, l'autre vers l'arrière, bassin face à l'avant et descendu vers le sol, souvent bras levés. C'est une posture avancée et moderne, à approcher pendant des mois avec des briques sous le bassin. Son nom honore Hanumān, le héros singe qui, dans le Rāmāyaṇa, franchit l'océan d'un bond pour retrouver Sītā.

Hanumān est peut-être la figure la plus aimée du Rāmāyaṇa : fils du Vent, serviteur et ami de Rāma, fort, humble, dévoué. Partout en Inde, son image se dresse dans les temples, au bord des routes et sur les ghats de Rishikesh, et beaucoup de fidèles chantent la Hanumān Cālīsā le mardi. La posture qui porte son nom étire le corps comme il s'étira au-dessus de l'océan : une jambe tendue vers Laṅkā, l'autre encore sur le rivage.

Étapes

  1. Échauffez-vous dix à quinze minutes : salutations au soleil, fentes basses et étirement des ischio-jambiers.
  2. Mettez-vous à genoux, puis avancez le pied droit en fente basse. Posez une brique de chaque côté de la jambe avant.
  3. Reculez le bassin et tendez la jambe avant, orteils vers le haut, mains sur les briques. Restez quelques respirations : c'est le demi-grand écart.
  4. Glissez lentement le talon droit vers l'avant et le genou gauche vers l'arrière, en descendant le bassin, le poids dans les mains.
  5. Placez un traversin ou une pile de briques sous le bassin avant d'en avoir besoin, pour pouvoir vous y poser.
  6. Gardez le bassin de face : le genou arrière pointe vers le sol, la rotule avant vers le plafond. Si c'est confortable, levez les bras au-dessus de la tête.
  7. Respirez cinq à dix fois lentement. Sortez comme vous êtes entré, mains sur les briques, et faites l'autre côté.

Alignement

  • Le bassin regarde vers l'avant ; la hanche arrière ne s'ouvre pas sur le côté.
  • La rotule avant pointe vers le haut ; la rotule arrière vers le bas.
  • Le bassin repose sur un appui plutôt que de pendre dans l'étirement.
  • Le souffle est lent et libre ; un souffle bloqué signale que vous êtes allé trop loin.

Variantes

  • Demi-grand écart (version douce) : genou arrière au sol, jambe avant tendue, mains sur des briques. Une posture complète en soi.
  • Grand écart soutenu : un traversin ou des briques sous la cuisse avant et sous le bassin, à une hauteur où vous restez calme une minute.
  • Fente avec torsion ou pied arrière relevé en préparation.
  • Étirement des ischio-jambiers allongé avec une sangle : sur le dos, une jambe levée, une sangle autour du pied ; la préparation la plus sûre.

Contre-indications

  • Déchirure des ischio-jambiers ou élongation de l'aine, récente ou ancienne : évitez, ou restez au demi-grand écart sans douleur.
  • Douleur sacro-iliaque, douleur du bas du dos : évitez.
  • Prothèse de hanche : demandez l'avis de votre chirurgien.
  • Grossesse : évitez les grands écarts profonds ; les hormones de la grossesse assouplissent les ligaments.
  • Douleur au genou : couverture sous le genou arrière, genou avant légèrement fléchi.

Dans les textes

Hanumānāsana est une posture moderne, absente des textes classiques du hatha. Elle apparaît dans l'enseignement indien du XXe siècle et figure par exemple dans Light on Yoga de B. K. S. Iyengar (1966). Un détail de sanskrit : le thème du nom est hanumat, et le composé régulier serait hanumad-āsana ; la forme usuelle hanumānāsana est bâtie sur le nominatif Hanumān. Tout le monde l'emploie, et c'est le nom que nous gardons.

Le nom : une mâchoire brisée

Le Rāmāyaṇa explique le nom lui-même. Le roi des ours Jāmbavān rappelle à Hanumān son enfance, fils du Vent et d'Añjanā :

अभ्युत्थितं ततः सूर्यं बालो दृष्ट्वा महावने । फलं चेति जिघृक्षुस्त्वमुत्प्लुत्याभ्यपतो दिवम् ॥

abhyutthitaṃ tataḥ sūryaṃ bālo dṛṣṭvā mahāvane | phalaṃ ceti jighṛkṣus tvam utplutyābhyapato divam ||

Alors, enfant dans la grande forêt, tu vis le soleil se lever et, voulant le saisir en le prenant pour un fruit, tu bondis et t'envolas dans le ciel.

Rāmāyaṇa 4.65.19 (édition critique) · notre traduction

Indra frappa l'enfant de sa foudre, et « sa mâchoire (hanu) gauche se brisa sur un sommet de montagne ; c'est pourquoi on te connaît sous le nom de Hanumān » (4.65.21-22). Le dictionnaire de Monier-Williams, lui, glose hanumat par « aux (grandes) mâchoires » : dans les deux cas, le nom parle de la mâchoire.

Le saut

Au premier chapitre du Sundara Kāṇḍa, Hanumān gravit le mont Mahendra, joint les paumes vers le soleil, vers Indra, vers le Vent son père et vers l'Être né de lui-même, puis se ramasse pour le saut. Le texte décrit sa préparation presque comme une posture de yoga : il raidit les bras, se ramasse aux hanches, ramène les pieds (5.1.32), puis :

मार्गमालोकयन्दूरादूर्ध्वप्रणिहितेक्षणः । रुरोध हृदये प्राणानाकाशमवलोकयन् ॥

mārgam ālokayan dūrād ūrdhva-praṇihitekṣaṇaḥ | rurodha hṛdaye prāṇān ākāśam avalokayan ||

Regardant au loin son chemin, les yeux fixés vers le haut, contemplant le ciel, il retint les souffles dans son cœur.

Rāmāyaṇa 5.1.34 (édition critique) · notre traduction

Prenant un appui ferme sur ses pieds et rabattant ses oreilles, il dit aux singes : « Comme une flèche lâchée par Rāghava va à la vitesse du vent, ainsi j'irai à Laṅkā, que gouverne Rāvaṇa » (5.1.35-36). Une base ferme, un souffle retenu, un regard fixe, un corps lancé comme une flèche : qui a nommé le grand écart d'après Hanumān a bien choisi.

Hanumān franchit l'océan d'un bond vers Laṅkā, folio du Rāmāyaṇa de Guler, peinture pahari attribuée à Pandit Seu
Photo : Pandit Seu (attribution), Wikimedia Commons, Public domain

Postures voisines

Préparez-vous avec des fentes basses, le guerrier I, la pince assise et le pigeon. Une autre posture née d'un héros de l'épopée : Vīrabhadrāsana. D'autres histoires dans le sens des noms des postures. Toutes les fiches : le chapitre des asanas.

Les questions qu’on se pose

Combien de temps faut-il pour faire le grand écart ?

Pour la plupart des adultes, des mois ou des années de pratique régulière, et certains corps n'atteindront jamais le sol. Avec des briques sous le bassin, la posture est complète à n'importe quelle hauteur : le sol n'est pas le but.

Faut-il s'échauffer avant hanumanasana ?

Toujours. Dix à quinze minutes de salutations au soleil, de fentes et d'étirements des ischio-jambiers. Ne descendez jamais en grand écart à froid, et ne faites jamais de rebonds.

Pourquoi l'appelle-t-on Hanumanasana ?

Parce que la forme rappelle le grand saut de Hanumān au-dessus de l'océan dans le Rāmāyaṇa, une jambe lancée vers l'avant, l'autre encore en arrière. Le nom est moderne, l'histoire vient de l'épopée.

Sources

  1. Vālmīki, Rāmāyaṇa, texte sanskrit de l'édition critique, livres 4 et 5 (GRETIL, université de Göttingen) vérifiée le 16 octobre 2026
  2. Monier-Williams, Sanskrit-English Dictionary (1899), entrées hanu et hanumat, dictionnaires sanskrits numériques de Cologne vérifiée le 16 octobre 2026
  3. Hanumān franchit l'océan, folio du Rāmāyaṇa de Guler, attribué à Pandit Seu (Wikimedia Commons, domaine public) vérifiée le 16 octobre 2026

Pratiquez en douceur et selon vos limites. Le yoga s’apprend mieux avec un professeur qualifié ; cette page ne le remplace pas.

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