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भ्रामरीbhrāmarī · (le souffle) de l'abeille

Bhrāmarī, la respiration de l'abeille

4 min de lecture · Mis à jour le 17 octobre 2026 · sources vérifiées le 17 octobre 2026

En bref

Bhramari est une respiration où l'on inspire en silence par le nez, puis expire lentement en émettant un bourdonnement continu, « mmm », lèvres closes, souvent en fermant doucement les oreilles avec les pouces. Cinq à dix cycles assis, suivis d'une minute de silence, suffisent. C'est l'un des pranayamas les plus doux, qui convient à la plupart des débutants.

Le nom

भ्रमर (bhramara), c'est le gros bourdon noir dont le vrombissement grave emplit les jardins indiens. Bhrāmarī signifie « de l'abeille » : le souffle imite son chant. Le même mot est aussi un nom de la déesse Durgā (le dictionnaire de Monier-Williams cite le Mārkaṇḍeya Purāṇa), mais les textes de yoga l'emploient simplement pour la respiration bourdonnée.

Ce que disent les textes

Bhrāmarī est le sixième des huit kumbhakas de la Hatha Yoga Pradipika (2.44), et le texte lui consacre un seul et beau verset :

वेगाद्घोषं पूरकं भृङ्गनादं भृङ्गीनादं रेचकं मन्दमन्दम् । योगीन्द्राणामेवमभ्यासयोगाच्चित्ते जाता काचिदानन्दलीला ॥

vegād ghoṣaṃ pūrakaṃ bhṛṅga-nādaṃ bhṛṅgī-nādaṃ recakaṃ manda-mandam | yogīndrāṇām evam abhyāsa-yogāc citte jātā kācid ānanda-līlā ||

Une inspiration prise vivement, avec le son de l'abeille mâle, une expiration très lente, avec le son de l'abeille femelle : par cette pratique naît dans l'esprit des meilleurs yogis un certain jeu de félicité.

Haṭhayogapradīpikā 2.68 · notre traduction

Regardez de près le sanskrit : il nomme deux sons, bhṛṅga-nāda pour l'inspiration et bhṛṅgī-nāda pour la longue expiration. La traduction anglaise de Pancham Sinh (1914) les confond en un seul. Dans l'enseignement indien d'aujourd'hui, on ne bourdonne le plus souvent qu'à l'expiration, et c'est ce que nous enseignons ici ; l'inspiration sonore que décrit le verset est une forme plus exigeante, moins souvent enseignée.

Dans les textes

La Gheraṇḍa Saṃhitā fait de bhrāmarī un chemin d'écoute. Passé minuit, dans un lieu où l'on n'entend aucun animal, le yogi bouche ses oreilles avec les mains et retient le souffle ; des sons intérieurs apparaissent alors, que la traduction de Vasu énumère : grillons, luth, tonnerre, tambour, puis cloches et gongs, et enfin le son du cœur, dans lequel il y a une lumière, où l'esprit doit se fondre (5.78-5.82, d'après Vasu, 1914-1915). C'est la racine du nāda yoga, le yoga du son intérieur.

Étapes

  1. Asseyez-vous confortablement, le dos droit, sur un coussin ou une chaise. Fermez les yeux.
  2. Facultatif, traditionnel : bouchez les oreilles en appuyant doucement avec les pouces sur le tragus, le petit cartilage à l'entrée de chaque oreille.
  3. Inspirez lentement et sans bruit par le nez.
  4. Lèvres closes, dents légèrement desserrées, mâchoire et langue détendues, expirez lentement en émettant un « mmmm » grave et continu. Sentez la vibration dans le visage, la tête, la poitrine.
  5. À la fin de l'expiration, inspirez de nouveau en silence. C'est un cycle.
  6. Faites cinq cycles, puis restez immobile une minute, oreilles fermées ou non, à l'écoute.

Avec le sceau des six portes

La forme complète, ṣaṇmukhī mudrā (« le sceau des six ouvertures »), ferme les sens un à un : pouces sur les oreilles, index posés sur les paupières closes sans la moindre pression sur les yeux, majeurs le long des narines, annulaires et auriculaires au-dessus et au-dessous des lèvres. Gardez les coudes bas et détendus. Si les bras fatiguent, revenez aux seuls pouces ou posez les mains sur les genoux : le bourdonnement compte plus que les mains.

Le rythme pour débuter et la progression

PériodeCyclesExpirationEnsuite
Semaine 15aussi longue que confortable1 minute de silence
Semaines 2 à 47-10peu à peu plus longue, jamais forcée2-3 minutes de silence
Après un mois10-15essayez un son plus aigu ou plus graveune courte méditation

Le bourdonnement ralentit naturellement le souffle : en quelques semaines, beaucoup constatent que leur expiration dure dix secondes ou plus, sans l'avoir cherché.

Bon à savoir

Changez la hauteur du son. Un bourdonnement grave résonne dans la poitrine, un plus aigu dans le visage et la tête. Gardez celui qui vient sans effort, la voix détendue : bhrāmarī n'est pas du chant.

Ce que montre la recherche

  • Les preuves sont minces. Une revue systématique (Kuppusamy et coll., 2018) a rassemblé toutes les études sur bhrāmarī publiées jusqu'en mai 2016. Six seulement ont été retenues, aucune randomisée, toutes de très faible qualité méthodologique ; les auteurs réclament de vrais essais. Nous n'affirmons donc aucun effet précis sur la santé.
  • Pas de changement mesurable de la circulation cérébrale. Chez dix-huit jeunes adultes en bonne santé suivis par Doppler transcrânien, bhrāmarī n'a produit aucun changement significatif de la vitesse du sang dans une artère du cerveau, contrairement à kapālabhāti et à la rétention du souffle (Nivethitha et coll., 2018). Une seule petite étude, mais qui concorde avec sa réputation de plus doux des souffles classiques.

Pourquoi apaise-t-il ? L'explication la plus probable est aussi la plus simple : le bourdonnement allonge l'expiration, et une respiration lente à l'expiration longue tend à calmer, comme l'explique la page pranayama avec ses études.

Les erreurs fréquentes

  • Appuyer sur les yeux dans ṣaṇmukhī mudrā. Les doigts se posent, ils ne pressent jamais.
  • Bourdonner du nez, gorge serrée. Laissez le son venir d'une gorge et d'une bouche détendues.
  • Forcer une longue expiration jusqu'à la suffocation. Raccourcissez.
  • Lever les coudes très haut pendant des minutes. Baissez-les ou posez les mains.
  • Enchaîner trop vite. Le silence qui suit fait partie de la pratique.

Sa place dans une pratique

Bhrāmarī clôt une séance de souffle : après les postures, après kapalabhati si vous le pratiquez, après nadi shodhana, juste avant de vous asseoir en silence. C'est aussi une bonne porte d'entrée vers la méditation pour un esprit agité : voyez comment méditer, et la page mudras pour les autres gestes. La liste complète des souffles classiques est sur types de pranayama.

Les questions qu’on se pose

Combien de cycles de bhramari faire ?

Commencez par cinq, puis montez à dix ou plus en quelques semaines. Un cycle, c'est une inspiration silencieuse et une longue expiration bourdonnée. Restez ensuite une minute en silence, à l'écoute.

Faut-il se boucher les oreilles ?

C'est traditionnel mais facultatif. Appuyez doucement avec les pouces sur le petit cartilage à l'entrée de l'oreille (le tragus). Abstenez-vous en cas d'otite ou de douleur d'oreille, et n'appuyez jamais sur les yeux.

Peut-on faire bhramari allongé, le soir ?

Les professeurs demandent en général de s'asseoir : le bourdonnement y est plus facile et l'on risque moins de s'endormir en route. Quelques cycles assis avant le coucher sont une pratique du soir très courante.

Bhramari convient-il pendant la grossesse ?

Sans rétention du souffle, bhramari est couramment enseigné en yoga prénatal. Restez en douceur, sans retenir le souffle, et parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin.

Sources

  1. La Hatha Yoga Pradipika, traduction anglaise de Pancham Sinh, Sacred Books of the Hindus vol. XV, 3e partie (1914), Internet Archive vérifiée le 17 octobre 2026
  2. Svātmārāma, Haṭhayogapradīpikā, texte sanskrit, 2.68 (GRETIL, université de Göttingen) vérifiée le 17 octobre 2026
  3. Srisa Chandra Vasu (trad.), The Gheranda Samhita, Sacred Books of the Hindus vol. XV (1914-1915), leçon 5, versets 78-82, Internet Archive vérifiée le 17 octobre 2026
  4. Kuppusamy M et al. Effects of Bhramari Pranayama on health: A systematic review. Journal of Traditional and Complementary Medicine, 2018 DOI 10.1016/j.jtcme.2017.02.003 PMID 29321984 vérifiée le 17 octobre 2026
  5. Nivethitha L et al. Cerebrovascular Hemodynamics During the Practice of Bhramari Pranayama, Kapalbhati and Bahir-Kumbhaka: An Exploratory Study. Applied Psychophysiology and Biofeedback, 2018 DOI 10.1007/s10484-017-9387-8 PMID 29188396 vérifiée le 17 octobre 2026

Pratiquez en douceur et selon vos limites. Le yoga s’apprend mieux avec un professeur qualifié ; cette page ne le remplace pas.

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