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Langue : Français

त्रिदोषtridoṣa · les trois doṣa

Vāta, pitta, kapha, les trois doṣa

4 min de lecture · Mis à jour le 18 octobre 2026 · sources vérifiées le 18 octobre 2026

En bref

En ayurveda, les doṣa sont trois principes fonctionnels du corps : vāta (le vent, le mouvement), pitta (la bile, la chaleur et la transformation) et kapha (le flegme, la cohésion et la stabilité). En équilibre, ils soutiennent le corps ; déréglés, ils causent la maladie. Chacun naît avec un dosage propre, la prakṛti. C’est un modèle traditionnel, pas une notion de la physiologie moderne.

Le mot et le vers

Doṣa (दोष) signifie d’abord une faute, un défaut. Le dictionnaire de Monier-Williams ajoute le sens médical : un « élément morbide », appliqué surtout aux trois humeurs du corps, puis aux humeurs elles-mêmes. Le nom dit quelque chose d’important : un doṣa, c’est ce qui peut se dérégler. En équilibre, c’est une fonction de la vie ; hors d’équilibre, c’est le début de la maladie.

Vāgbhaṭa, dont l'Aṣṭāṅgahṛdaya résume l'āyurveda classique, les énonce en un demi-vers :

वायुः पित्तं कफश्चेति त्रयो दोषाः समासतः ।

vāyuḥ pittaṃ kaphaś ceti trayo doṣāḥ samāsataḥ |

Le vent, la bile et le flegme : tels sont, en bref, les trois doṣa.

Aṣṭāṅgahṛdaya, Sūtrasthāna 1.6 · notre traduction

Le vers suivant dit leur double nature : « déréglés ou non, ils détruisent le corps ou le font vivre » (1.7). Un peu plus loin, toute la théorie médicale tient en une ligne : « la maladie est le déséquilibre des doṣa, la santé leur équilibre » (rogas tu doṣa-vaiṣamyaṃ doṣa-sāmyam arogatā, 1.20).

Les trois doṣa et leurs qualités

Les mots vent, bile et flegme sont anciens et trompeurs. Les enseignants d’aujourd’hui préfèrent décrire ce que fait chaque doṣa : vāta met en mouvement, pitta transforme, kapha tient ensemble. Vāgbhaṭa les définit par leurs qualités (guṇa) :

तत्र रूक्षो लघुः शीतः खरः सूक्ष्मश्चलोऽनिलः । पित्तं सस्नेहतीक्ष्णोष्णं लघु विस्रं सरं द्रवम् ॥ स्निग्धः शीतो गुरुर्मन्दः श्लक्ष्णो मृत्स्नः स्थिरः कफः ।

tatra rūkṣo laghuḥ śītaḥ kharaḥ sūkṣmaś calo 'nilaḥ / pittaṃ sasneha-tīkṣṇoṣṇaṃ laghu visraṃ saraṃ dravam || snigdhaḥ śīto gurur mandaḥ ślakṣṇo mṛtsnaḥ sthiraḥ kaphaḥ |

Parmi eux, le vent est sec, léger, froid, rugueux, subtil et mobile. La bile est un peu huileuse, vive, chaude, légère, d’odeur crue, coulante et liquide. Le flegme est huileux, froid, lourd, lent, lisse, visqueux et stable.

Aṣṭāṅgahṛdaya, Sūtrasthāna 1.11-1.12 · notre traduction
DoṣaDevanāgarīFonctionQualités (AH 1.11-1.12)Siège principal (AH 12.1-12.3)
vātaवातmouvement : souffle, circulation, nerfs, éliminationsec, léger, froid, rugueux, subtil, mobilesurtout le côlon
pittaपित्तtransformation : digestion, chaleur, vueun peu huileux, vif, chaud, léger, d’odeur crue, coulant, liquidesurtout la région du nombril
kaphaकफcohésion : structure, lubrification, stabilitéhuileux, froid, lourd, lent, lisse, visqueux, stablesurtout la poitrine

Les présentations modernes relient aussi chaque doṣa à deux des cinq éléments : vāta à l’air et à l’espace, pitta au feu et à l’eau, kapha à l’eau et à la terre. Les chapitres de Vāgbhaṭa et de Caraka cités sur cette page ne l’énoncent pas sous cette forme : Caraka se sert surtout des cinq éléments pour expliquer les six saveurs (Caraka Saṃhitā, Sūtrasthāna 26.40), et Vāgbhaṭa note seulement que pitta, bien que fait des cinq éléments, est appelé « feu » parce que la qualité ignée y domine (12.10-12.11).

Les cinq formes de chaque doṣa

On lit parfois « les 5 doshas » : il y en a trois, mais chacun a cinq formes. Le douzième chapitre du Sūtrasthāna les nomme :

  • Cinq vents : prāṇa dans la tête, udāna dans la poitrine, vyāna dans le cœur et parcourant tout le corps, samāna près du feu digestif, apāna dans la région du bassin (12.4-12.9). Ce sont les cinq noms que le yoga donne aux courants du prāṇa.
  • Cinq pitta : pācaka (qui digère), rañjaka (qui colore), sādhaka (dans le cœur), ālocaka (dans les yeux), bhrājaka (dans la peau) (12.10-12.14).
  • Cinq kapha : avalambaka (qui soutient, dans la poitrine), kledaka (qui humecte les aliments), bodhaka (sur la langue, qui perçoit le goût), tarpaka (dans la tête), śleṣaka (dans les articulations) (12.15-12.18).

La constitution et la règle des contraires

Chacun naît avec une proportion propre des doṣa, la prakṛti (प्रकृति). Vāgbhaṭa classe les constitutions à un seul doṣa, vāta, pitta et kapha, comme médiocre, moyenne et meilleure, la constitution équilibrée comme la meilleure de toutes, et celles où dominent deux doṣa comme les moins favorables (1.10). Les présentations modernes, plus diplomates, parlent simplement de « types vāta », « pitta » ou « kapha ».

Vient ensuite le principe de travail :

वृद्धिः समानैः सर्वेषां विपरीतैर्विपर्ययः ।

vṛddhiḥ samānaiḥ sarveṣāṃ viparītair viparyayaḥ |

Toute chose augmente par ce qui lui ressemble et diminue par ce qui lui est contraire.

Aṣṭāṅgahṛdaya, Sūtrasthāna 1.14 · notre traduction

Vāta, froid, sec et mobile, s’apaise par ce qui est chaud, onctueux et stable ; pitta, chaud et vif, par ce qui est frais et doux ; kapha, lourd et lent, par ce qui est léger et actif. Cette seule règle fonde tout ce qu’on dit du « yoga selon votre dosha ».

Le yoga selon le doṣa : une tradition, pas une prescription

Les textes classiques du yoga ne prescrivent pas de postures selon le doṣa : l’idée est une synthèse moderne des deux traditions, bâtie sur la règle des contraires. C’est une grille utile pour choisir comment pratiquer, pas une méthode médicale, et aucune étude n’a montré qu’adapter sa pratique à son type de doṣa donne de meilleurs résultats.

Si vous vous reconnaissez plutôtConseil traditionnelEn pratique
vāta : agité, frileux, irrégulierchaleur, lenteur, ancrageun rythme posé, des tenues plus longues, postures debout et assises, nāḍī śodhana, un long śavāsana
pitta : intense, chaud, exigeantfraîcheur, calme, pas de compétitionun effort modéré, des flexions avant, une pièce fraîche, un souffle doux comme bhrāmarī, pas de « record à battre »
kapha : stable, lourd, lent à démarrerlégèreté, dynamisme, stimulationun rythme plus vif, des salutations au soleil, extensions et postures debout, pratique tôt le matin

Vāgbhaṭa rappelle aussi que les doṣa suivent l’horloge : ils dominent à la fin, au milieu et au début de la vie, du jour, de la nuit et de la digestion (1.8). D’où le conseil moderne de pratiquer de façon dynamique aux heures kapha du matin et d’apaiser le soir.

Les doṣa existent-ils ?

C’est un modèle vieux de plus de deux mille ans pour décrire le tempérament, la digestion et la maladie. Ce ne sont pas des entités de la physiologie moderne, et les questionnaires de dosha ne sont pas des tests médicaux. La recherche sur le sujet est jeune : en 2015, une équipe indienne a comparé le génome de 262 hommes classés dans les trois types de constitution (retenus après examen de 3 416 personnes) et a rapporté 52 variants génétiques différents entre les groupes. C’est une étude exploratoire, chez des hommes seulement, qui ne montre ni que les doṣa causent quoi que ce soit, ni qu’un traitement fondé sur eux fonctionne.

Bon à savoir

Si vous faites un test de dosha, prenez-le comme un miroir pour réfléchir. Ne changez jamais un traitement, un régime ou un médicament à cause de lui : parlez-en à votre médecin.

Notre site frère Guide Ayurvéda va plus loin, avec une page par doṣa (vata, pitta, kapha), un test vata, pitta, kapha en 20 questions, une revue honnête de ce que montrent les études sur le dosha et un guide du yoga selon les doshas.

Sur ce site, la page sur l'alimentation sattvique présente l’autre triade, les trois guṇa de l’esprit, que Vāgbhaṭa appelle les doṣa de l’esprit (1.21). Notre livre La cuisine sattvique explique les six saveurs et les trois doṣa sans dogme, avec 42 recettes végétariennes simples.

Les questions qu’on se pose

Que veut dire dosha ?

Le sanskrit doṣa signifie d’abord faute, défaut. En médecine, il désigne les trois principes du corps, vāta, pitta et kapha, parce que, déséquilibrés, ils abîment le corps. Le dictionnaire de Monier-Williams donne les deux sens.

Combien y a-t-il de doshas ?

Trois. Vāgbhaṭa divise ensuite chacun en cinq formes : les cinq vents (prāṇa, udāna, vyāna, samāna, apāna), cinq sortes de pitta et cinq sortes de kapha, quinze en tout (Aṣṭāṅgahṛdaya, Sūtrasthāna 12).

Les doshas existent-ils vraiment ?

Ce sont un modèle traditionnel du corps, pas des réalités reconnues par la physiologie moderne. Quelques études cherchent des corrélats biologiques des types de constitution, comme une étude génétique de 2015 sur 262 hommes, mais ces travaux sont préliminaires et ne valident pas un diagnostic par les doshas.

Comment connaître son dosha ?

Traditionnellement, c’est un médecin ayurvédique formé qui évalue la constitution. Les questionnaires en ligne peuvent servir de miroir, mais ce ne sont pas des diagnostics : ne prenez jamais une décision de santé sur cette base.

Sources

  1. Vāgbhaṭa, Aṣṭāṅgahṛdaya, Sūtrasthāna, texte sanskrit, transcription R. P. Das et R. E. Emmerick (GRETIL) vérifiée le 18 octobre 2026
  2. Monier-Williams, Sanskrit-English Dictionary (1899), article doṣa, Cologne Digital Sanskrit Dictionaries vérifiée le 18 octobre 2026
  3. Govindaraj P et al. Genome-wide analysis correlates Ayurveda Prakriti. Scientific Reports, 2015 DOI 10.1038/srep15786 PMID 26511157 vérifiée le 18 octobre 2026
  4. Qu’est-ce qu’un dosha ? Vata, Pitta et Kapha expliqués simplement, Guide Ayurvéda (notre site frère) vérifiée le 18 octobre 2026
  5. Yoga et doshas : adapter sa pratique à sa constitution, Guide Ayurvéda (notre site frère) vérifiée le 18 octobre 2026

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