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Langue : Français

मूलाधारmūlādhāra · support racine

Mūlādhāra, le support racine

3 min de lecture · Mis à jour le 16 octobre 2026 · sources vérifiées le 16 octobre 2026

En bref

Mūlādhāra, le chakra racine, est le premier centre du corps subtil. Le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa le place sous le sexe et au-dessus de l'anus : un lotus de quatre pétales cramoisis portant le carré jaune de la terre, la syllabe-germe LAṂ, Brahmā enfant et la déesse Ḍākinī. La Kuṇḍalinī y dort, lovée trois fois et demie.

Le premier des chakras est la racine sur laquelle tout repose. Son nom le dit : मूल (mūla), racine, et आधार (ādhāra), support. Les textes plus anciens l'appellent simplement ādhāra, « le support », et les textes nātha en font la première roue.

Selon le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa

Le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa de Pūrṇānanda (XVIe siècle), traduit par Arthur Avalon dans The Serpent Power (1919), le décrit en détail (versets 4 à 13) :

TraitDescription
Lieuà l'entrée du canal central, « sous le sexe et au-dessus de l'anus » (Avalon, verset 4)
Pétalesquatre, de teinte cramoisie, la tête du lotus tournée vers le bas
Lettresवं शं षं सं (vaṃ, śaṃ, ṣaṃ, saṃ), couleur d'or brillant
Élémentla terre, पृथिवी (pṛthivī)
Yantrale carré de la terre, jaune, entouré de huit lances tournées vers les directions
Bījaलं LAṂ, le germe de la terre, à quatre bras, monté sur Airāvata, roi des éléphants
DivinitéBrahmā enfant, à quatre visages et quatre bras, sur les genoux du germe
ŚaktiḌākinī, rouge, tenant une lance, un bâton surmonté d'un crâne, une épée et une coupe

Plus à l'intérieur se trouve un triangle « comme l'éclair », qui contient le souffle du désir et le germe klīṃ ; au-dessus, le liṅga né de lui-même (svayambhū), de couleur sombre ; autour de lui, la Kuṇḍalinī, lovée trois fois et demie, endormie, fermant de sa bouche l'ouverture du canal le plus intérieur.

C'est l'image derrière le résumé moderne « chakra racine : rouge, carré ». Dans le texte, le carré est la région de la terre, les pétales sont rouges, et bien d'autres choses s'y trouvent : un éléphant, un dieu enfant, une déesse, un triangle, un liṅga et la puissance lovée.

Dans d'autres textes

  • Kubjikāmata Tantra (11.34, 11.37) : « l'anus est appelé ādhāra », avec quatre divisions.
  • Gorakṣaśataka (versets 10-11) : l'ādhāra est la première roue, un lotus de quatre pétales à l'anus. Dans son chapitre sur la méditation (verset 78), la première roue se visualise « comme l'or en fusion », le regard posé au bout du nez.

Les couleurs diffèrent d'un texte à l'autre : en sanskrit, les mots de couleur sont des images poétiques, pas des codes de peinture.

La terre : la stabilité

Dans ce système, chaque centre est lié à un élément, et mūlādhāra au plus lourd, la terre. Dans la dissolution décrite à la fin du Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa, la terre est le premier élément absorbé, dans l'eau du centre suivant, svādhiṣṭhāna. C'est la base textuelle de l'idée moderne d'« ancrage » : non une promesse, mais l'image de solidité que le méditant ressent d'abord, puis laisse aller.

Ce que les livres modernes ont ajouté

Les tableaux modernes donnent à mūlādhāra un rouge uni, premier d'un arc-en-ciel, le lient aux glandes surrénales, à la « survie et la sécurité », au jaspe rouge ou à l'hématite, et à une note de musique. Rien de cela n'est dans les textes sanskrits ; ces associations viennent d'auteurs occidentaux du XXe siècle. Les textes décrivent un centre à visualiser en méditation, pas un organe, un trait de caractère ni une pierre.

Une méditation simple sur mūlādhāra

  1. Asseyez-vous sur un coussin ou une chaise, le dos droit, et sentez le poids du corps sur le sol.
  2. Portez l'attention à la base du tronc, entre l'anus et le sexe.
  3. Imaginez un lotus de quatre pétales cramoisis, et en son centre un carré jaune.
  4. Répétez en silence LAṂ quelques fois, lentement, avec le souffle. Le ṃ final est une douce vibration.
  5. Restez deux ou trois minutes avec l'image et la sensation de stabilité, puis laissez-les et ouvrez les yeux.

Le centre suivant est svādhiṣṭhāna ; tout le système est sur les chakras d'après les sources, et les canaux qui les relient sur les nāḍīs.

Les questions qu’on se pose

Quel est le mantra du chakra racine ?

Sa syllabe-germe (bīja) est LAṂ, le germe de la terre, à prononcer avec une finale nasale, proche de « leum ».

De quelle couleur est le chakra racine ?

Dans le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa, ses quatre pétales sont cramoisis et son carré de terre jaune ; le Gorakṣaśataka le voit briller comme l'or en fusion. Le rouge uni d'une suite arc-en-ciel est une convention moderne.

Où se situe mūlādhāra ?

À la base du tronc, au périnée : sous le sexe et au-dessus de l'anus, à l'ouverture inférieure du canal central.

Sources

  1. Arthur Avalon, The Serpent Power (1919) : Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa, versets 4 à 13, édition en ligne (Wisdom Library) vérifiée le 16 octobre 2026
  2. Gorakṣaśataka, édition Kuvalayananda et Shukla, versets 10-11 et 78, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026
  3. Kubjikāmatatantra, éd. Goudriaan et Schoterman (1988), versets 11.34-11.37, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026

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