स्वाधिष्ठानsvādhiṣṭhāna · son propre siège
Svādhiṣṭhāna, le siège propre
2 min de lecture · Mis à jour le 16 octobre 2026 · sources vérifiées le 16 octobre 2026
En bref
Svādhiṣṭhāna, appelé chakra sacré en français, est le deuxième centre du corps subtil, à la racine du sexe. Dans le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa, c'est un lotus de six pétales vermillon qui porte le croissant blanc de l'eau, la syllabe-germe VAṂ, le dieu Viṣṇu et la déesse Rākiṇī. Son élément est l'eau.
Le deuxième des chakras se trouve juste au-dessus du premier, à la racine du sexe. Son nom, स्वाधिष्ठान (svādhiṣṭhāna), s'explique d'ordinaire par sva, « soi-même », et adhiṣṭhāna, « siège, demeure » : son propre siège.
Selon le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa
Le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa (1577), dans la traduction d'Arthur Avalon (1919), lui consacre les versets 14 à 18 :
| Trait | Description |
|---|---|
| Lieu | à la racine du sexe |
| Pétales | six, vermillon |
| Lettres | बं भं मं यं रं लं (baṃ, bhaṃ, maṃ, yaṃ, raṃ, laṃ), couleur d'éclair |
| Élément | l'eau, जल (jala) ou अप् (ap) |
| Yantra | la région blanche de l'eau, en forme de demi-lune |
| Bīja | वं VAṂ, le germe de Varuṇa, seigneur des eaux, blanc, monté sur un makara, créature aquatique mythique |
| Divinité | Viṣṇu (Hari), à quatre bras, tenant conque, disque, massue et lotus, monté sur Garuḍa |
| Śakti | Rākiṇī, au teint sombre |
Dans d'autres textes
- Gorakṣaśataka (verset 14) donne une autre étymologie : sva, dit-il, désigne le souffle, prāṇa, et ce centre en est le siège, d'où son nom. Au chapitre de la méditation (verset 79), la deuxième roue se visualise « brillant comme un beau rubis ».
- Kubjikāmata Tantra (11.34, 11.37) : « svādhiṣṭhāna naît du liṅga », avec six divisions, le même nombre de pétales que dans le modèle ultérieur.
L'eau : ce qui coule
Dans la dissolution qui clôt le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa, la terre de mūlādhāra se dissout dans l'eau de svādhiṣṭhāna, et l'eau à son tour dans le feu de maṇipūra. Le méditant passe du sentiment de poids au sentiment de fluidité : c'est cela, et non un profil psychologique, que veut dire l'élément dans le texte.
Ce que les livres modernes ont ajouté
Les tableaux modernes rendent svādhiṣṭhāna orange, le lient aux gonades, à « la créativité, le plaisir et les émotions », à la cornaline, à des huiles essentielles et à une fréquence. Ces associations viennent d'auteurs occidentaux du XXe siècle, pas des textes sanskrits. Le théosophe C. W. Leadbeater, dans The Chakras (1927), a même retiré svādhiṣṭhāna de son système pour placer un centre à la rate, comme il l'explique lui-même.
Une méditation simple sur svādhiṣṭhāna
- Asseyez-vous le dos droit et respirez naturellement par le nez.
- Portez l'attention au bas du ventre, à la racine du sexe.
- Imaginez un lotus de six pétales vermillon, et en son centre un croissant de lune blanc.
- Répétez en silence VAṂ quelques fois à l'expiration.
- Laissez la sensation de solidité s'adoucir en sensation de fluidité, comme l'eau. Restez deux ou trois minutes, puis laissez aller.
En dessous se trouve mūlādhāra, au-dessus maṇipūra. Pour tout le système et ce qui a été ajouté depuis, voyez les chakras d'après les sources.
Les questions qu’on se pose
Que signifie svādhiṣṭhāna ?
On l'explique d'ordinaire par sva, soi-même, et adhiṣṭhāna, siège, demeure. Le Gorakṣaśataka joue sur sva au sens de souffle, prāṇa : le centre est le siège du prāṇa.
Quel est le mantra du chakra sacré ?
Sa syllabe-germe est VAṂ, le germe de l'eau et de Varuṇa, seigneur des eaux, à prononcer proche de « veum ».
Le chakra sacré est-il orange ?
L'orange appartient à la suite arc-en-ciel moderne. Le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa donne des pétales vermillon et un croissant blanc ; le Gorakṣaśataka voit le centre briller comme un beau rubis.
Sources
- Arthur Avalon, The Serpent Power (1919) : Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa, versets 14 à 18, édition en ligne (Wisdom Library) vérifiée le 16 octobre 2026
- Gorakṣaśataka, édition Kuvalayananda et Shukla, versets 10, 14 et 79, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026
- Kubjikāmatatantra, éd. Goudriaan et Schoterman (1988), versets 11.34-11.37, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 16 octobre 2026