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Langue : Français

सत्सङ्गsatsaṅga · la compagnie des justes

Satsaṅg et kīrtan, chanter et s'asseoir ensemble

3 min de lecture · Mis à jour le 17 octobre 2026 · sources vérifiées le 17 octobre 2026

Musiciens chantant un kirtan avec cymbales et tambour khol devant l'ensemble de temples du Jor Mandir, à Bishnupur (Bengale-Occidental)
Photo : Swaprabha Chattopadhyay, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

En bref

Le satsang, de sat (le vrai, le bien) et saṅga (la compagnie), est une réunion autour d'un maître ou d'un texte : paroles, questions, silence et chant. Le kirtan, de kīrtana (louer, raconter), est le chant des noms divins, souvent en appel et réponse avec harmonium et tambours. Ce sont deux pratiques du bhakti yoga : la Bhagavad Gita (9.14) loue ceux qui chantent sans cesse le Seigneur.

Dans bien des ashrams de Rishikesh, la journée s'achève de la même façon : on s'assoit par terre, une voix chante une phrase au son d'un harmonium et de petites cymbales, la salle la reprend. C'est le kīrtan. Avant ou après, quelqu'un lit un verset, parle, répond aux questions, et tous restent en silence. C'est le satsaṅg. Pour un très grand nombre de personnes en Inde, c'est cela, le yoga.

Les mots

सत्सङ्ग (satsaṅga) unit sat, l'être, le vrai, le bien, et saṅga, la compagnie, la fréquentation. Le dictionnaire de Monier-Williams le définit simplement comme « la fréquentation des gens de bien ». Le mot peut désigner la bonne compagnie dans la vie quotidienne et, au sens plus étroit des ashrams, une réunion autour d'un maître ou d'un texte sacré.

कीर्तन (kīrtana) vient de la racine kīrt, « mentionner, raconter, célébrer ». Il signifie d'abord dire, répéter ; dans la pratique dévotionnelle, chanter les noms et les hauts faits du divin. Le kīrtan se chante souvent en appel et réponse, les mêmes quelques mots repris, parfois pendant des heures.

Dans les textes

La Bhagavad Gita décrit ceux qui adorent par le chant et par la compagnie :

सततं कीर्तयन्तो मां यतन्तश्च दृढव्रताः । नमस्यन्तश्च मां भक्त्या नित्ययुक्ता उपासते ॥

satataṃ kīrtayanto māṃ yatantaś ca dṛḍha-vratāḥ | namasyantaś ca māṃ bhaktyā nitya-yuktā upāsate ||

Chantant sans cesse ma louange, s'efforçant, fermes dans leurs vœux, s'inclinant devant moi avec dévotion, toujours unis, ils m'adorent.

Bhagavad Gita 9.14 · notre traduction

मच्चित्ता मद्गतप्राणा बोधयन्तः परस्परम् । कथयन्तश्च मां नित्यं तुष्यन्ति च रमन्ति च ॥

mac-cittā mad-gata-prāṇā bodhayantaḥ parasparam | kathayantaś ca māṃ nityaṃ tuṣyanti ca ramanti ca ||

Le mental en moi, la vie tournée vers moi, s'éveillant les uns les autres et parlant toujours de moi, ils sont comblés et se réjouissent.

Bhagavad Gita 10.9 · notre traduction

Ce second verset décrit parfaitement le satsaṅg : des personnes qui s'éveillent mutuellement en parlant de l'essentiel.

Le Bhāgavata Purāṇa énumère, par la bouche de l'enfant Prahlāda, les neuf formes de la dévotion ; les deux premières sont l'écoute et le chant :

श्रवणं कीर्तनं विष्णोः स्मरणं पादसेवनम् । अर्चनं वन्दनं दास्यं सख्यमात्मनिवेदनम् ॥

śravaṇaṃ kīrtanaṃ viṣṇoḥ smaraṇaṃ pāda-sevanam | arcanaṃ vandanaṃ dāsyaṃ sakhyam ātma-nivedanam ||

Écouter et chanter Viṣṇu, se souvenir de lui, servir ses pieds, l'adoration, la salutation, le service, l'amitié et l'offrande de soi.

Bhāgavata Purāṇa 7.5.23 · notre traduction

Et un hymne traditionnellement attribué à Śaṅkara, le Bhaja Govindam, fait de la bonne compagnie le premier maillon d'une chaîne qui mène à la libération :

सत्सङ्गत्वे निस्सङ्गत्वं निस्सङ्गत्वे निर्मोहत्वम् । निर्मोहत्वे निश्चलतत्त्वं निश्चलतत्त्वे जीवन्मुक्तिः ॥

satsaṅgatve nissaṅgatvaṃ nissaṅgatve nirmohatvam | nirmohatve niścalatattvaṃ niścalatattve jīvanmuktiḥ ||

De la bonne compagnie naît le détachement ; du détachement, la fin de l'illusion ; de la fin de l'illusion, la vérité immobile ; de la vérité immobile, la libération dès cette vie.

Bhaja Govindam 9 · notre traduction

Un satsang du soir dans un ashram

Beaucoup d'ashrams indiens tiennent un satsang chaque soir. La Divine Life Society, l'ashram fondé par Swami Sivananda à Rishikesh, publie son programme : un satsang du soir de 19 h 30 à 21 h 30, avec conférences, kirtans et bhajans, en anglais et en hindi. Un satsang comprend souvent :

  1. Silence ou méditation quelques minutes.
  2. Chant de quelques mantras, puis kīrtan et bhajans.
  3. Une lecture de la Gita, des Upanishads ou des écrits du maître.
  4. Un enseignement, parfois des questions.
  5. Une prière ou un chant de clôture.

Si vous y allez : arrivez à l'heure, retirez vos chaussures, tenue sobre, asseyez-vous en silence, et demandez avant de photographier. La page sur les ashrams de Rishikesh donne les programmes et règles publiés.

Un kirtan simple à la maison

  1. Choisissez un mantra court dont vous connaissez le sens : Om namaḥ śivāya, oṃ namo nārāyaṇāya, ou le nom de la divinité qui vous est proche. La page sur les mantras sanskrits explique lesquels sont publics.
  2. Asseyez-vous en cercle, par terre ou sur des chaises. Une personne mène ; un harmonium, un tambour ou de simples battements de mains donnent le rythme.
  3. Appel et réponse : la personne qui mène chante une phrase ; tous la reprennent. Commencez lentement.
  4. Laissez monter le chant, puis ralentissez de nouveau.
  5. Finissez en silence deux ou trois minutes, les yeux fermés. Sentez le calme après le son.

Quinze à vingt minutes suffisent. La qualité de l'attention compte plus que celle de la voix.

Le satsaṅg au quotidien

Le sens ancien du satsaṅg dépasse la réunion : c'est la compagnie que l'on fréquente. Lire un texte sacré, c'est un satsaṅg avec son auteur ; écouter une personne sage, c'est un satsaṅg ; une amitié qui fait grandir aussi. La tradition le compte parmi les soutiens les plus puissants de la pratique, avec le svādhyāya, l'étude des textes, et la sevā, le service.

Sa place

Le satsaṅg et le kīrtan sont des pratiques du bhakti yoga, la voie de la dévotion, et du nāda yoga, le yoga du son. Ils côtoient la méditation sur un mantra et le japa silencieux. La vue d'ensemble des pratiques du yoga montre la place de chacune.

Les questions qu’on se pose

Quelle différence entre kirtan et bhajan ?

L'usage varie, mais le kirtan désigne en général le chant en appel et réponse des noms divins, répétés et souvent accélérés, tandis que le bhajan est un chant dévotionnel à couplets, souvent composé par un saint-poète. Les deux se chantent en satsang.

Faut-il être hindou pour participer à un satsang ou un kirtan ?

La plupart des ashrams qui ouvrent leur satsang au public accueillent toute personne qui vient avec respect. Tenue sobre, chaussures retirées, assis en silence, et joignez-vous au chant quand vous le pouvez.

Le kirtan est-il une forme de méditation ?

Dans les traditions de la bhakti, oui : chanter les noms avec attention fixe le mental sur le divin. Le silence qui suit un kirtan est souvent le moment le plus profond.

Sources

  1. Bhagavadgītā, édition critique (Bhandarkar Oriental Research Institute), texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 17 octobre 2026
  2. Bhāgavata Purāṇa, texte sanskrit (GRETIL, université de Göttingen) vérifiée le 17 octobre 2026
  3. Bhaja Govindam (Moha Mudgara), attribué à Śaṅkara, texte sanskrit (sanskritdocuments.org) vérifiée le 17 octobre 2026
  4. Ashram Activities, programme quotidien, The Divine Life Society (site officiel) vérifiée le 17 octobre 2026
  5. Monier-Williams, Sanskrit-English Dictionary (1899), entrée sat-saṅga, Cologne Digital Sanskrit Dictionaries vérifiée le 17 octobre 2026

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