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Langue : Français

माण्डूक्योपनिषद्māṇḍūkya-upaniṣad

La Māṇḍūkya Upanishad, Om et les quatre états

2 min de lecture · Mis à jour le 17 octobre 2026 · sources vérifiées le 17 octobre 2026

En bref

La Māṇḍūkya Upanishad est la plus courte des Upanishads principales : douze strophes en prose de l'Atharvaveda. Elle dit que Om est tout ceci (strophe 1), que le soi a quatre quarts, la veille, le rêve, le sommeil profond et un quatrième au-delà (strophes 3-7), et que les sons A, U et M correspondent aux trois premiers, le quatrième sans son étant le soi (strophes 8-12).

Tout un enseignement en douze strophes

La Māṇḍūkya appartient à l'Atharvaveda et c'est la plus courte des Upanishads principales. En douze strophes de prose, elle fait ce qu'aucun autre texte ne fait aussi nettement : elle prend la syllabe sacrée Om, la décompose en ses sons, et la pose sur les trois états que tout être humain traverse chaque jour. Puis elle désigne un quatrième, qui n'est pas un état du tout.

Le plan

StrophesContenu
1Om est tout ceci : le passé, le présent, l'avenir, et ce qui est au-delà du temps
2Tout ceci est brahman ; ce soi est brahman ; ce soi a quatre quarts (pāda)
3Premier quart : la veille, connaissance tournée vers le dehors, vaiśvānara, « commun à tous les hommes »
4Deuxième quart : le rêve, connaissance tournée vers le dedans, taijasa, « le lumineux »
5Troisième quart : le sommeil profond, masse unique de connaissance, fait de félicité, prājña, « le connaissant »
6Le troisième est le seigneur de tout, l'omniscient, le maître intérieur, la source
7Le quatrième (caturtha) : décrit seulement par des négations ; c'est le soi, à connaître
8Om, la syllabe, est ce soi ; ses mesures sont les quarts : A, U, M
9-11A est la veille, U le rêve, M le sommeil profond, chacun avec sa raison et son fruit
12Le quatrième est sans mesure : Om est le soi lui-même

Les strophes clés

L'ouverture (strophe 1).

ओमित्येतदक्षरमिदं सर्वं तस्योपव्याख्यानं भूतं भवद्भविष्यदिति सर्वमोंकार एव । यच्चान्यत्त्रिकालातीतं तदप्योंकार एव ॥

om ity etad akṣaram idaṃ sarvaṃ tasyopavyākhyānaṃ bhūtaṃ bhavad bhaviṣyad iti sarvam oṃkāra eva | yac cānyat trikālātītaṃ tad apy oṃkāra eva ||

Om : cette syllabe est tout ceci. En voici l'explication. Ce qui fut, ce qui est et ce qui sera : tout cela est Om. Et ce qui est au-delà des trois temps, cela aussi est Om.

Māṇḍūkya Upaniṣad 1 · notre traduction

Le soi a quatre quarts (strophe 2). L'Upanishad passe aussitôt du son au soi, avec l'une des « grandes paroles » du Vedānta, ayam ātmā brahma, ce soi est brahman.

सर्वं ह्येतद्ब्रह्मायमात्मा ब्रह्म सोऽयमात्मा चतुष्पात् ॥

sarvaṃ hy etad brahmāyam ātmā brahma so 'yam ātmā catuṣpāt ||

Car tout ceci est brahman. Ce soi est brahman. Ce soi a quatre quarts.

Māṇḍūkya Upaniṣad 2 · notre traduction

Le quatrième (fin de la strophe 7). Après une longue suite de négations, ni conscient du dedans ni conscient du dehors, ni masse de connaissance, invisible, hors de tout usage, insaisissable, sans signe, impensable, innommable, la strophe s'achève ainsi :

प्रपञ्चोपशमं शान्तं शिवमद्वैतं चतुर्थं मन्यन्ते । स आत्मा स विज्ञेयः ॥

prapañcopaśamaṃ śāntaṃ śivam advaitaṃ caturthaṃ manyante | sa ātmā sa vijñeyaḥ ||

Là où le monde multiple s'apaise, paisible, bienveillant, sans second : c'est cela qu'on tient pour le quatrième. C'est le soi ; c'est cela qu'il faut connaître.

Māṇḍūkya Upaniṣad 7 · notre traduction

Les deux versions de GRETIL diffèrent d'un mot dans la liste des négations (adṛṣṭam ou adṛśyam, « invisible » dans les deux cas) ; les lignes citées ici sont identiques dans les deux.

Om et ses sons (strophe 8).

सोऽयमात्माध्यक्षरमोंकारः । अधिमात्रं पादा मात्रा मात्राश्च पादा अकार उकारो मकार इति ॥

so 'yam ātmādhyakṣaram oṃkāraḥ | adhimātraṃ pādā mātrā mātrāś ca pādā akāra ukāro makāra iti ||

Ce soi, sous l'angle de la syllabe, est Om ; sous l'angle de ses mesures, les quarts sont les mesures et les mesures sont les quarts : le son A, le son U, le son M.

Māṇḍūkya Upaniṣad 8 · notre traduction

Le quatrième sans mesure (strophe 12).

अमात्रश्चतुर्थोऽव्यवहार्यः प्रपञ्चोपशमः शिवोऽद्वैतः । एवमोंकार आत्मैव । संविशत्यात्मनात्मानं य एवं वेद ॥

amātraś caturtho 'vyavahāryaḥ prapañcopaśamaḥ śivo 'dvaitaḥ | evam oṃkāra ātmaiva | saṃviśaty ātmanātmānaṃ ya evaṃ veda ||

Le quatrième est sans mesure : hors de tout usage, là où le multiple s'apaise, bienveillant, sans second. Ainsi Om est le soi lui-même. Qui sait cela entre dans le soi par le soi.

Māṇḍūkya Upaniṣad 12 · notre traduction

La carte en un tableau

SonÉtatNom du soiMode de connaissanceStrophes
Aveille (jāgarita)vaiśvānaratourné vers le dehors, jouissant du grossier3, 9
Urêve (svapna)taijasatourné vers le dedans, jouissant du subtil4, 10
Msommeil profond (suṣupta)prājñaune masse unique de connaissance, jouissant de la félicité5, 11
silencele quatrième (turīya, caturtha)le soi (ātman)non pas un état de connaissance, mais ce en quoi les trois apparaissent7, 12

Le mot que l'Upanishad emploie pour le quatrième est caturtha ; turīya, de même sens, est le nom que lui donnent la Kārikā de Gauḍapāda et le Vedānta ultérieur.

Une pratique tirée du texte

La Māṇḍūkya ne prescrit pas de technique, mais des générations de pratiquants en ont fait une. Une forme simple :

  1. Asseyez-vous droit et respirez calmement une minute.
  2. Chantez Om lentement, en le laissant se déployer en trois temps : un A ouvert, senti dans la poitrine, un U arrondi dans la gorge, un M fermé qui vibre dans la tête.
  3. Laissez le son finir, et restez dans le silence qui suit aussi longtemps qu'il dure, sans le remplir.
  4. Répétez de trois à douze fois. Pour finir, restez assis quelques minutes, en remarquant que vous êtes conscient du silence aussi clairement que du son.

Les trois sons représentent ce qui va et vient ; le silence, dans l'image de l'Upanishad, ce qui ne passe pas. La prononciation et le signe ॐ sont expliqués sur Om ; l'usage plus large du son sacré sur les mantras.

La lire avec son commentaire

Presque personne ne lit la Māṇḍūkya seule. Elle est traditionnellement imprimée avec la Māṇḍūkya Kārikā de Gauḍapāda, 215 strophes en quatre chapitres, et le commentaire attribué à Śaṅkara. La Kārikā fait des douze strophes toute une philosophie de la non-dualité (advaita). Pour une première lecture, prenez l'Upanishad seule, puis la traduction anglaise de Robert Ernest Hume (1921), dans le domaine public, puis la Kārikā.

Notre livre Les Upanishads pour les yogis consacre un chapitre entier à la Māṇḍūkya : ses strophes clés (1 à 5, 7, 8 et 12) en devanāgarī, en translittération et dans notre propre traduction, les autres résumées, et une pratique de Om tirée du texte.

Les questions qu’on se pose

Combien de versets compte la Mandukya Upanishad ?

Douze, en prose. Les éditions imprimées les entremêlent souvent avec les 215 strophes de la Māṇḍūkya Kārikā attribuée à Gauḍapāda, ce qui donne l'impression d'un texte bien plus long.

Qu'est-ce que turiya ?

Turīya ou caturtha, le quatrième : l'état que la Māṇḍūkya place au-delà de la veille, du rêve et du sommeil profond. La strophe 7 ne le décrit que par des négations, ni conscient du dedans ni du dehors, invisible, hors de tout usage, et le dit paisible, bienveillant, sans second : c'est le soi.

De quand date la Mandukya Upanishad ?

Sa date est incertaine. Certains chercheurs la placent vers le Ve-IVe siècle avant notre ère, d'autres, comme Hajime Nakamura et Richard King, au Ier ou IIe siècle de notre ère. La Kārikā qui la commente est attribuée à Gauḍapāda, que l'on situe souvent vers le VIe siècle.

Que signifie Mandukya ?

On rattache en général le nom soit à māṇḍūka, une école ou un maître védique (Paul Deussen y voyait une école à demi perdue), soit à maṇḍūka, la grenouille. Le texte lui-même ne donne aucune de ces explications.

Sources

  1. Māṇḍūkya Upaniṣad avec la Kārikā de Gauḍapāda et le commentaire attribué à Śaṅkara, texte sanskrit (Sansknet, revu sur Limaye et Vadekar), GRETIL vérifiée le 17 octobre 2026
  2. Māṇḍūkya Upaniṣad, version alternative, texte sanskrit (GRETIL) vérifiée le 17 octobre 2026
  3. Mandukya Upanishad, Wikipédia en anglais (datation d'après Mahony, Nakamura et King ; la Kārikā ; étymologie) vérifiée le 17 octobre 2026
  4. Mandukya Upanishad, Wikipédia vérifiée le 17 octobre 2026
  5. Robert Ernest Hume, The Thirteen Principal Upanishads (1921), Māṇḍūkya, Internet Archive vérifiée le 17 octobre 2026

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